Pour une loi interdisant de fumer dans les lieux publics fermés


L'interdiction de fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés améliore l'hygiène et la qualité de l'existence et permet de sauver des vies, tout en réduisant les coûts de la santé.

Il est scientifiquement établi que la fumée passive entraîne la maladie, l'incapacité et la mort (Convention-cadre de l'OMS signée par 168 pays dont la Suisse). L'exposition à la fumée du tabac provoque des cancers et des maladies cardio-vasculaires. La fumée passive cause environ 1'000 morts par année en Suisse, soit près du double des décès dus aux accidents de la route !

La fumée passive tue

La fumée du tabac constitue la principale et la plus toxique pollution de l'air ambiant. La Convention-cadre de l'OMS, premier traité international de santé publique, signé par 168 pays (dont la Suisse) déclare qu'« il est clairement établi, sur des bases scientifiques, que l'exposition à la fumée de tabac entraîne la maladie, l'incapacité et la mort. » (Art. 8, al.1). La fumée passive est en effet la cause établie de nombreuses maladies, dont beaucoup sont fatales: cancer du poumon, cancer du sinus, cancer du sein, maladies coronaires, altération vasculaire, induction et aggravation de l'asthme, otites, symptômes respiratoires chroniques, etc. L'exposition à la fumée ambiante du tabac pendant la grossesse provoque des naissances prématurées et un faible poids du bébé à sa naissance.

Un risque largement sous-estimé

Malgré la reconnaissance mondiale et unanime de la nocivité de la fumée passive par les professionnels de la santé publique, en Suisse cette nocivité reste très largement sous-estimée - voire ignorée - par le public, les employeurs (en particulier ceux de la restauration), et les décideurs politiques.Ce phénomène est principalement dû à la désinformation répandue par l'industrie du tabac, qui, pendant plus de trente ans, a trompé le public et a menti, niant la toxicité de la fumée passive alors qu'elle la connaissait parfaitement, sans hésiter pour cela à infiltrer les milieux scientifiques et à soudoyer des professeurs d'université (l'affaire Rylander à Genève en est un exemple). La population paie aujourd'hui dans sa santé les conséquences de cette situation. Les spécialistes mondiaux de la santé publique estiment qu'une personne meurt du tabagisme passif pour huit qui meurent du tabagisme actif. En Suisse, trois personnes sont chaque jour tuées par la fumée passive. Malgré cela, aucune mesure n'est en place pour protéger efficacement la population contre l'exposition à la fumée passive : la législation en la matière, tant au niveau fédéral que cantonal (à l'exception du Tessin), est très indigente.

Jusqu'à 30 cigarettes "passives" par jour!

550 tests d'exposition à la fumée passive ont été distribués à la population, ce qui a permis de démontrer que les employés de la restauration pouvaient inhaler l'équivalent de 30 cigarettes par jour durant leurs heures de travail. (Campagne Cipret- Vaud 2007)

La protection du personnel

Le personnel des établissements publics est le plus exposé à la fumée passive et il paie un lourd tribut en terme de santé : une augmentation de 50%, voire beaucoup plus dans certains établissements, du risque de cancer du poumon et de maladies cardio-vasculaires. Cela se traduit par une mortalité et une morbidité qui dépasse toutes les normes des professions à risque. Ce personnel a le droit, comme tout autre, de travailler dans un environnement professionnel qui ne mette pas sa santé en péril.

Les personnes les plus vulnérables (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes souffrant de troubles respiratoires, cardio-vasculaires et allergiques) ainsi que l'ensemble de la population doivent pouvoir fréquenter tous les lieux publics sans devoir respirer un air contaminé par la fumée du tabac.

La protection du public

La santé des personnes qui fréquentent les lieux publics doit être aussi protégée. L'exposition à la fumée passive a un effet cumulatif, et toute nouvelle « dose » d'exposition s'ajoute aux précédentes pour constituer un grave danger pour la santé au bout de quelques années. La fumée de tabac ambiante provoque aussi des effets immédiats, qui affectent particulièrement les asthmatiques, les personnes souffrant de troubles respiratoires ou cardio-vasculaires, les enfants en bas âge, et les personnes âgées, qui sont de véritables exclus des lieux publics enfumés. Selon une récente étude de l'Université de Zürich mandatée par l'Office fédéral de la santé publique, en Suisse plus de 25% des personnes évitent toujours ou souvent les établissements publics à cause de leur atmosphère enfumée.

Remarque

L'initiative vise à protéger la population et le personnel. Elle ne s'applique pas aux lieux de séjour à caractère privatif très marqué, qui constituent des « substituts de domicile » à l'intérieurs des bâtiments ou locaux publics, pour autant qu'ils ne remettent pas en cause cette protection.

La ventilation ne résout rien

La ventilation n'offre qu'une protection illusoire, coûteuse et très souvent défaillante contre la pollution de l'air par la fumée de tabac. Pour obtenir une diminution de cette pollution qui soit tolérable, il faudrait des taux de renouvellement de l'air comparables à ceux d'une soufflerie. Combiné avec la nécessité de chauffer l'air en hiver - ou de le refroidir par grande chaleur - un tel renouvellement représenterait un énorme gaspillage d'énergie. La seule façon valable de supprimer la pollution de l'air ambiant par la fumée de tabac est de traiter le problème à la source, en interdisant de fumer dans des lieux publics intérieurs ou fermés.

Lieux publics sans fumée : ça marche!

Plusieurs pays européens - Angleterre, Écosse, Irlande, Italie, Norvège - ont adopté des législations pour des lieux publics sans fumée. D'autres vont suivre. Dans tous les cas, cela constitue une expérience très positive, qui est très bien respectée et a le soutien quasi unanime de la population, y compris chez les fumeurs. Les avantages sont immédiats : réduction de la mortalité, amélioration de la santé du personnel, réduction du tabagisme et diminution de l'incitation des jeunes à commencer à fumer. Tout cela sans aucune atteinte à la bonne marche économique des établissements. De toutes les interventions de santé publique, c'est celle qui permet de sauver de nombreuses vies et d'améliorer la qualité de l'existence tout en réduisant les coûts de la santé.


Le risque chez les enfants

Une étude Canadienne a démontré que le tabagisme passif provoque des symptômes de dépendance à la nicotine chez les jeunes enfants qui y sont exposés.

L'analyse des réponses a permis de déterminer que 5 % des enfants n'ayant jamais fumé de cigarettes mais qui ont été exposés à la fumée dans une voiture ou à la maison présentent des symptômes de dépendance à la nicotine. Chez eux, cette dépendance peut entraîner des symptômes très semblables à ceux du sevrage à la nicotine, à savoir la dépression, l'insomnie, l'irritabilité, l'anxiété, l'inquiétude, les problèmes de concentration et l'augmentation de l'appétit
Info Nouvel Obs du 30.09.08